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Société : Louis Watum renforce le dispositif de contrôle minier, toute la chaîne minière du cuivre et du cobalt passée au crible

Le ministre des Mines intensifie les contrôles dans le Lualaba et le Haut-Katanga. Après avoir ciblé les entités de traitement et de commercialisation des minerais artisanaux, la nouvelle campagne engagée en octobre 2026 s’étend à l’ensemble des acteurs de la filière, administration minière comprise. En jeu : la traçabilité des minerais, la conformité réglementaire et la sécurisation des retombées économiques du cuivre et du cobalt.

L’assainissement du secteur minier congolais change d’échelle. Dans le Lualaba et le Haut-Katanga, les deux provinces qui concentrent l’essentiel de la production nationale de cuivre et de cobalt, le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, renforce le dispositif de contrôle des opérateurs privés comme des services publics chargés de leur encadrement.

La démarche s’inscrit dans la vision du président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi, et sous la coordination de la Première ministre, Judith Suminwa Tuluka. Elle vise à faire respecter les règles dans une filière stratégique pour les exportations, les recettes publiques et l’attractivité du pays. Au-delà de la dimension réglementaire, l’enjeu est économique : garantir la traçabilité des minerais, limiter les pratiques irrégulières et consolider la crédibilité de la production congolaise sur les marchés internationaux.

La séquence actuelle remonte à l’arrêté ministériel n° 00964/CAB.MIN/MINES/01/2025, signé le 19 décembre 2025. Ce texte suspend les activités des entités de traitement et de commercialisation des substances minérales issues de l’exploitation artisanale de la filière cupro-cobaltifère. Objectif affiché : renforcer le contrôle de l’origine des minerais et de leurs circuits de commercialisation, dans un secteur où la multiplication des intermédiaires complique singulièrement la traçabilité.

Les contrôles menés en décembre 2025 et en janvier 2026 ont révélé des irrégularités dans la quasi-totalité des entités de traitement examinées dans les deux provinces, selon les rapports évoqués par le ministère. Des mesures de régularisation et des sanctions ont alors été engagées, assorties d’un avertissement aux opérateurs récalcitrants. Pour les autorités, il s’agit désormais de soumettre le traitement et la commercialisation des minerais à des exigences plus strictes. Sur le plan économique, une telle démarche peut réduire les risques liés aux approvisionnements irréguliers et renforcer la transparence des opérations.

La stratégie de Louis Watum ne s’arrête pas aux entreprises privées. Le ministre entend aussi responsabiliser les services publics placés sous sa tutelle. Après les premiers contrôles, il a réuni les chefs des différents corps de l’administration minière autour du secrétaire général aux Mines. Les échanges ont porté sur le respect des textes, la qualité du travail et l’obligation de résultats. Quelques mois plus tard, sa tournée dans les services du ministère a prolongé cette dynamique, avec un appel à faire évoluer les méthodes de travail et à orienter la gouvernance administrative vers davantage d’efficacité.

Cette dimension pèse sur le climat des affaires. Dans le secteur minier, l’efficacité des contrôles dépend aussi de la qualité des institutions qui les conduisent. Une administration professionnelle, prévisible et impartiale peut réduire les incertitudes réglementaires et améliorer les conditions d’exploitation. À l’inverse, les défaillances administratives et l’application inégale des règles risquent d’accroître les coûts et les risques supportés par les opérateurs.

En octobre 2026, une nouvelle campagne de contrôle est lancée dans le Lualaba et le Haut-Katanga. Elle cible les différents acteurs impliqués dans la gestion et l’exploitation des sites miniers. La ligne défendue par le ministre est celle de l’égalité devant la loi, indépendamment du rang, du grade ou de la fonction des personnes concernées. Cet élargissement traduit une volonté de ne pas limiter l’assainissement aux seuls opérateurs privés, mais de soumettre également les responsables publics aux exigences de responsabilité et de conformité.

La portée économique de la campagne dépendra toutefois des résultats obtenus sur le terrain, infractions constatées, mesures correctives appliquées, opérateurs remis en conformité et amélioration effective de la traçabilité des minerais.

Pour la RDC, le renforcement du contrôle minier constitue un enjeu majeur de gouvernance économique. Le cuivre et le cobalt occupent une place centrale dans les exportations du pays, mais la contribution de cette richesse à l’économie nationale dépend aussi de la transparence des opérations et du respect des obligations légales. Une meilleure traçabilité peut faciliter le suivi des flux de minerais et contribuer à une meilleure application des obligations fiscales, douanières et réglementaires. Elle peut également renforcer la confiance des acheteurs et des partenaires commerciaux dans l’origine des matières premières congolaises.

Pour Louis Watum, le chantier consiste désormais à inscrire les contrôles dans une dynamique durable de réforme de la gouvernance minière. Les suspensions et les sanctions peuvent constituer des instruments de régulation, mais leur efficacité se mesurera à leur capacité à modifier durablement les pratiques. La prochaine étape sera de traduire cette politique en résultats économiques tangibles : une chaîne d’approvisionnement plus transparente, une administration plus performante, une meilleure conformité des opérateurs et des retombées plus importantes pour les finances publiques.

À plus long terme, cette dynamique devra également servir l’ambition de transformation locale des ressources minières, afin que la richesse produite par le cuivre et le cobalt profite davantage à l’économie congolaise. L’enjeu dépasse donc la seule multiplication des contrôles, il s’agit de faire de la conformité réglementaire et de la bonne gouvernance des leviers de compétitivité, d’investissement et de création de valeur en RDC.

Franklin MIGABO

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